Retraite et divorce gris : comment se protéger financièrement après une séparation tardive ? / iStock.com - Deagreez
Le divorce tardif : la retraite comme catalyseur
En 30 ans (de 1996 à 2016), le nombre de séparations chez les plus de 50 ans a plus que doublé (de 14 % à près de 34 % des divorces), et celui des plus de 60 ans a presque triplé. La réalité méconnue du "divorce gris" s'inscrit dans une évolution culturelle qui bouleverse le sens même du mariage. Divorcer sur le tard n'est plus une exception, mais fait partie d'un nouveau schéma sociétal assumé par les séniors. Ce sont les femmes sexagénaires qui sont le plus souvent à l'initiative de la séparation (70 %), après des décennies de mariage. Le départ du foyer est souvent envisagé au moment où le couple se retrouve à la retraite, quand les impératifs d'une vie professionnelle et sociale trépidante s'estompent. Dans cette nouvelle situation de face-à-face, la relation doit être redéfinie et certains couples se rendent compte qu'ils n'ont plus rien à partager. La quête de renouveau est au centre des motivations de cette première génération de retraités à franchir le pas. Remettre du sens dans sa vie, retrouver un second souffle, quitter une vie routinière, mettre en place de nouveaux projets, vivre une nouvelle histoire sentimentale : telles sont les motivations des séniors qui osent, encouragés par l'augmentation de l'espérance de vie, une plus grande indépendance financière des femmes, le départ des enfants ("syndrome du nid vide") et un regard moins désapprobateur de la société sur ces choix différents.
Les enjeux matériels et financiers du divorce gris
Au-delà de cette légitime recherche d'idéal, les enjeux financiers peuvent s'avérer lourds et complexes. La liberté a un prix et il faut compter avec l'impact de la séparation sur le niveau de vie de chacun des conjoints. Séparer des patrimoines construits au fil des années, voire des décennies, et répartir les avoirs le plus équitablement possible n'est pas toujours simple. Si la garde des enfants n'est plus d'actualité, c'est le partage du logement familial qui est désormais au centre des préoccupations. L'un des conjoints gardera-t-il la maison, ou la vente est-elle incontournable ? Un consensus est à trouver sur ce point crucial. Dans tous les cas, un relogement de l'un des ex-conjoints (voire des deux) sera à envisager. L'attribution d'une prestation compensatoire, qui vise à rétablir l'équilibre financier entre les époux, est un autre enjeu majeur des divorces après 60 ans. La question est fréquemment de mise, dans cette génération où les femmes ont souvent perçu un salaire moindre ou interrompu leur carrière pour s'occuper des enfants. La prestation compensatoire est fixée par le juge aux affaires familiales en fonction de différents critères : montant des pensions (ou des salaires), durée du mariage, patrimoine du couple, âge et état de santé des époux… Après 60 ans, elle est le plus souvent versée sous forme de capital unique (somme d'argent ou attribution d'un bien), mais peut l'être aussi sous forme de rente viagère ou de droit d'usage sur le logement. Dans l'attente de la détermination d'une éventuelle prestation compensatoire, une pension alimentaire peut être versée pour permettre au conjoint le plus fragile de subvenir à ses besoins essentiels. Prévue par le Code civil dans le cadre du devoir de secours entre époux, elle s'applique tant que le mariage n'est pas dissous, et sera remplacée par la prestation compensatoire après le divorce. Quelle que soit la situation du couple, il est important de se faire accompagner et conseiller par un notaire ou un avocat avant toute signature d'un accord amiable.
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